Nigeria, un témoin relie l’enlèvement d’élèves d’Oyo à une demande de libération de détenus

Un agent du renseignement nigérian affirme devant la justice que les enlèvements d’Oriire visaient à obtenir la libération de membres présumés d’Ansaru.

SOCIéTé
Illustration d’un palais de justice pour le procès lié aux enlèvements d’Oriire
Illustration éditoriale sur le procès des enlèvements d’Oriire. Cette image ne représente pas l’audience du 12 octobre 2026. Crédit B-People.
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Un agent du Département des services d’État nigérian a affirmé lundi 12 octobre devant la Haute Cour fédérale d’Abuja que les enlèvements commis le 15 mai dans la zone d’Oriire, dans l’État d’Oyo, avaient été organisés pour obtenir la libération de dirigeants et de membres présumés d’Ansaru. Cette version relève du témoignage de l’accusation et n’a pas encore été tranchée par le tribunal.

Entendu sous le pseudonyme de BBB afin de protéger son identité, le deuxième témoin du ministère public a déclaré qu’une liste de trente détenus avait été remise aux autorités. Selon son récit rapporté par plusieurs médias nigérians présents à l’audience, la libération de ces personnes aurait été présentée comme la condition à la remise en liberté des élèves et des membres du personnel scolaire.

Le procès concerne Mahmud Muhammad, Abubakar Abbas, Abdulrazak Umar, Yunusa Musa et Shamsu Adamu Sani. Les cinq hommes sont poursuivis dans le cadre d’un acte d’accusation modifié portant notamment sur l’enlèvement, le financement du terrorisme et des liens présumés avec Ansaru. Ils ont plaidé non coupables, ce qui maintient les faits allégués au stade de l’accusation.

Plus de quarante personnes avaient été emmenées lors d’attaques contre plusieurs établissements scolaires d’Oriire. Les otages ont été libérés après environ huit semaines de captivité, selon les informations communiquées en juillet. L’acte d’accusation cite également Michael Oyedokun et John Olaleye parmi les victimes qui auraient été tuées pendant les faits.

Le témoin a aussi soutenu que le groupe avait reçu un appui financier extérieur et qu’il entretenait des liens avec Al-Qaïda. Ansaru est généralement présenté par les autorités nigérianes et par des agences internationales comme une organisation affiliée à Al-Qaïda, mais les responsabilités individuelles des prévenus restent à établir au cours des débats.

L’audience doit se poursuivre mardi 13 octobre devant le juge Salim Ibrahim. Le ministère public poursuivra la présentation de ses éléments avant que la défense ne puisse les contester et interroger les témoins.

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