Nigeria, Buratai renvoie le dossier du milliard de dollars d’armement au ministère de la Défense
Tukur Buratai affirme que le milliard de dollars destiné aux armements a été transféré au ministère de la Défense. Aucun audit public consulté ne permet de confirmer indépendamment le circuit complet.

L’ancien chef d’état-major de l’armée nigériane Tukur Buratai affirme que le milliard de dollars approuvé pour l’achat d’armements pendant son mandat a été versé au ministère de la Défense. Il a assuré lundi 12 octobre à Abuja que cette somme n’avait été placée ni sous son contrôle personnel ni sur les comptes de l’armée de terre, de la marine ou de l’armée de l’air.
Le général à la retraite s’exprimait lors d’une conférence de la Defence Correspondents Association of Nigeria. Selon son récit, le Conseil économique national avait autorisé le décaissement, puis les fonds avaient été transférés au ministère chargé de conduire les procédures d’acquisition. Cette présentation demeure celle de Tukur Buratai. Les documents publics consultés ne permettent pas d’établir de manière indépendante le circuit complet de la somme.
La controverse remonte à la campagne présidentielle de 2019, lorsque des responsables de l’opposition avaient accusé l’exécutif d’avoir détourné le fonds destiné à la lutte contre l’insurrection. Le gouvernement fédéral avait rejeté ces accusations. Buratai a de nouveau qualifié ces allégations de politiques et malveillantes, sans produire lundi de pièces comptables détaillées à l’appui de sa déclaration.
L’ancien responsable militaire estime que le ministère de la Défense aurait dû publier plus tôt des informations sur les contrats, les versements et les livraisons. Le portail officiel des marchés de défense présente des règles d’ouverture et de concurrence, mais sa rubrique consacrée aux marchés récents ne permettait pas, au moment de la vérification, de reconstituer les achats liés au milliard de dollars.
Buratai propose la création d’un portail de transparence pour les acquisitions militaires. Celui-ci publierait les grandes catégories d’équipements, les organismes contractants et les échéances de livraison, à l’exception des informations dont la divulgation pourrait compromettre la sécurité opérationnelle.
Il a aussi demandé des bulletins trimestriels sur les procédures engagées devant les tribunaux militaires dans les dossiers de violations des droits humains. Il souhaite que les accusations jugées crédibles soient examinées et que leurs auteurs répondent de leurs actes. Il s’agit de propositions formulées pendant son intervention et non de mesures déjà adoptées par les autorités nigérianes.
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