Jonathan, la tortue de 194 ans qui intrigue les chercheurs
Une étude du génome et de l’épigénome de Jonathan, âgé d’environ 194 ans, ouvre des pistes sur la longévité sans établir de cause unique.

Jonathan, une tortue géante dont l’âge est estimé à 194 ans, présente des caractéristiques génétiques susceptibles d’éclairer les mécanismes de la longévité. Une étude publiée le 7 octobre dans Science Advances a analysé son génome et les marqueurs chimiques qui régulent l’activité de ses gènes.
Les chercheurs ont comparé Jonathan à quatre autres tortues géantes d’Aldabra, dont un animal âgé de cinq ans. Dans certaines régions liées à la réparation de l’ADN, au fonctionnement des mitochondries, à la régulation de l’insuline et à la protection contre les tumeurs, ses marqueurs épigénétiques sont restés étonnamment organisés.
L’équipe a aussi identifié 287 variantes génétiques propres à Jonathan. Certaines concernent des mécanismes associés à la réparation cellulaire, au maintien des télomères et à l’élimination de cellules vieillissantes ou cancéreuses. Ces résultats suggèrent des pistes de recherche, sans démontrer que ces caractéristiques expliquent à elles seules son âge exceptionnel.
L’étude ne porte que sur un seul animal très âgé et quatre individus de comparaison. Les scientifiques ne peuvent donc pas déterminer si Jonathan est un cas unique ou si ces traits sont fréquents chez les tortues géantes qui vivent longtemps. Son alimentation surveillée, son environnement tropical et les soins vétérinaires peuvent aussi avoir contribué à sa longévité.
Les prélèvements ont été réalisés dans sa bouche, les autorités de Sainte-Hélène n’ayant pas autorisé de prise de sang afin de limiter le risque d’infection. Jonathan vit depuis 1882 à Plantation House, résidence du gouverneur de ce territoire britannique de l’Atlantique Sud. Malgré une cécité liée à la cataracte, il reste actif et conserve un solide appétit.
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