Au Nigeria, la condamnation de la journaliste Farida Isiak annulée avant un nouveau procès
La condamnation à quatre ans de prison visant la journaliste nigériane Farida Isiak a été annulée. Un nouveau procès est attendu le 3 novembre.

La condamnation à quatre ans de prison prononcée contre la journaliste nigériane Farida Isiak a été annulée après l’intervention de ses avocats. La reporter de 23 ans, qui travaille pour Nagarta Radio à Kaduna, a ensuite plaidé non coupable, obtenu une libération sous caution et doit comparaître de nouveau le 3 novembre.
L’affaire a commencé après une publication sur Facebook dans laquelle Farida Isiak critiquait la police au sujet de la détention de ses parents. D’après les éléments rapportés par Premium Times, le différend initial portait sur une somme de 100 nairas rendue lors d’une vente de charbon de bois impliquant sa mère et une voisine.
La journaliste a été arrêtée le 20 octobre après avoir évoqué sur le réseau social le traitement réservé à ses parents. La police l’a ensuite poursuivie pour diffamation devant un tribunal islamique de Kawo, à Kaduna. Le lendemain, elle a reconnu être l’autrice du message et a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement ou au paiement d’une amende de 1,75 million de nairas.
Son avocat, Mukhtar Abubakar, a contesté cette première procédure, menée sans conseil juridique à ses côtés. La défense a soutenu que la journaliste n’avait pas pleinement compris la portée de son plaidoyer de culpabilité. Le tribunal a accepté de reprendre la procédure, annulé la condamnation initiale et autorisé une nouvelle déclaration de non-culpabilité.
Le Syndicat nigérian des journalistes a demandé une enquête impartiale sur les arrestations et sur les conditions de la première audience. Dans une déclaration publiée le 22 octobre, l’organisation a également réclamé un examen de la compétence du tribunal et des garanties accordées à Farida Isiak lors du nouveau procès.
Amnesty International Nigeria a de son côté demandé l’abandon des poursuites. L’organisation estime que l’affaire soulève des interrogations sur la liberté d’expression et sur l’utilisation de la justice à l’encontre d’une journaliste ayant dénoncé un comportement policier présumé.
La police de l’État de Kaduna conteste cette lecture. Elle affirme que la publication visait non seulement l’institution, mais aussi un responsable de commissariat et son épouse. Son porte-parole a appelé les médias à tenir compte de cette version et a soutenu que la liberté d’expression devait respecter les droits et la réputation d’autrui.
Farida Isiak reste libre sous caution. Son père et plusieurs proches se sont portés garants de sa présence devant le tribunal lors de la prochaine audience, fixée au 3 novembre 2026.
Commentaires